France – Europe

28
mars
2014
"La marche" de Jean Lassalle: que tous les politiques en fassent leur livre de chevet !
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L’abstention a atteint dimanche dernier, un record historique pour un 1er tour d’élections municipales : 36,45% des électeurs potentiels ont choisi de ne pas se déplacer pour donner leur avis  (le taux le plus bas se situe en 1983, avec « seulement » 20% d’abstentionnistes et depuis, ne fait qu’augmenter)

 

A chaque élection c’est pareil…

 

Se multiplient les commentaires alarmés pour dire que cette désaffection vis-à-vis de ce moment démocratique est inquiétante, catastrophique, interpellante et puis…

Et puis… RIEN…

Les élus en restent à leurs plus ou moins bons scores par rapport au nombre de votants, se gardent bien de calculer quelle proportion d’inscrits a voté pour eux et oublient très vite qu’ils ont parfois eu moins de voix que « le parti des abstentionnistes ». Ceux qui n’ont pas été élus oublient tout aussi vite que, s’ils avaient peut-être plus fait un travail de fond en direction de ces non-votants (et je ne parle pas, bien sûr, d’un vague saupoudrage pendant les quinze jours de campagne officielle, mais de mois et de mois de présence sur le terrain), s’ils avaient essayé de comprendre la signification (ou les significations) de ce choix, peut-être auraient-ils disposé d’une réserve suffisante de voix pour changer le résultat qui les a mis sur la touche. Il est tellement plus facile de mettre ses échecs électoraux sur la faute d’un tel ou d’un tel plutôt que de se poser les vraies questions ou de se remettre en cause.  

 

Sauf que là…

 

… peut-être, pour une fois, ce peut être différent.

Cette fois, on a un espoir que quelqu’un s’empare du sujet et le traite pour de vrai.

En effet, le 10 avril 2013, un député, Jean Lassalle, a décidé de faire ce qu’il considère être l’essence même de son travail d’élu : écouter les Français (et n’est-ce pas, en effet, la première chose à faire si l’on veut pouvoir proposer, amender, voter les lois qui régulent la vie du peuple de France ?), et les écouter pour de bon. Pas juste quelques heures au détour d’un marché le temps de la campagne, mais huit mois, à temps plus que plein, et sur 5000 km, avec la proximité que confère le fait d’arriver à pied, de s’arrêter, de prendre le temps, vraiment, pour « écouter les peurs, les doutes et les aspirations ».

Comme le dit Jean Lassalle, « cette initiative d’inspiration républicaine se voulait apolitique, au sens « non partisane » ». Elle constitue pourtant, toujours selon ses propres mots, « l’acte le plus politique de sa vie, au sens athénien et éminemment démocratique du terme ».

Il vient d’en tirer un rapport de 196 pages, écrit à partir des milliers des témoignages engrangés au fil des routes et des chemins qu’il a sillonnés, à partir aussi des centaines de contributions reçues pour ses « Cahiers d’espoir » (des cahiers de doléances remis au goût du jour).

 

« une nouvelle possibilité d’expression pour le Peuple souverain »

 

Alors je me dis que si les femmes et les hommes politiques de ce pays (tous, quelle que soit leur couleur, du simple conseiller municipal au Président de la République) veulent vraiment, comme ils le clament si fort entre ces deux tours d’élections municipales « écouter les Français », ils devraient commencer par se dire que cette abstention du 1er tour (et quelle que soit celle du 2ème tour) a été trop massive pour, comme d’habitude, l’oublier aussitôt l’élection terminée. Et qu’ils disposent pour essayer de la comprendre du formidable outil que leur apporte le travail de Jean Lassalle. En effet, celui-ci le dit lui-même : « si l’on veut bien considérer que le problème ne réside pas tant dans la pertinence des constats posés que dans la façon dont ils ont été entendus jusqu’ici, on pourra lire ce rapport comme une nouvelle possibilité d’expression pour le Peuple souverain. ». Alors, « la confiance que les Français  placeront dans leurs gouvernants et leurs institutions naîtra de la conviction d’avoir été entendus, d’avoir participé et d’être enfin relayés dans les lieux de pouvoir. »

Et cela permettra peut-être de « revoir le vivre, le penser, le faire et le rêver ensemble. »

Un beau programme, mesdames et messieurs les politiques, non ?

 

Martine Debiesse

(Groupe Démocrate et Indépendant GemGif)

 

La marche : http://issuu.com/michaelrameil/docs/rapport-lamarche-jeanlassalle?e=11375864/7247005#search