Billet du Week-end

23
juil
2013
"Au milieu des klaxons, deux êtres vivants frappent à notre vitre"
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Nous publions aujourd’hui la mésaventure qui est arrivée récemment à la mère de l’un de nous. Elle montre que si l’indifférence existe, la solidarité aussi, et qu’elle n’attend pas forcément le nombre des années !

 

Ce jour-là donc, le 2 juillet 2013, deux amies et moi, toutes trois seniors comme on dit, allons à Chatou voir une 4ème amie, handicapée. Journée excellente.

Retour pour Ville d’Avray vers 18h.

Grosse circulation. Arrivées dans la côte appelée je crois, avenue de la Jonchère, à la Celle Saint Cloud, quatre voies en pleine forêt... panne de voiture à un feu rouge auquel nous n’arrivons pas à redémarrer. Pour ne rien arranger, nous sommes sur la file de gauche et bloquons donc bien la circulation. Klaxons énervés de tous les conducteurs pressés derrière nous. Impossible de sortir de la voiture sous peine de ... lynchage peut-être ? Mais surtout de danger pour les piétons que nous serions. Personne ne se préoccupe de savoir s’il y a un grave problème à l’intérieur de cette voiture qui gêne tout le monde.

Notre panique grandit quand tout à coup, deux êtres vivants frappent à notre vitre. Ce sont deux ados de 14-15 ans, raquettes à la main :

-          « Voulez-vous que nous poussions votre voiture sur le côté ? »

Nous pensons tout d’abord, nous les trois vieilles dames, que ce n’est pas possible car nous sommes près du mur de séparation entre les deux voies montantes et descendantes. Qu’à cela ne tienne : l’aîné devient gendarme, arrête la circulation d’autorité sans se soucier des klaxonneurs invétérés et hop, nos deux sauveurs poussent sans problème la voiture sur le côté. Ouf ! Nous sortons à l’air libre et à peine le temps de les remercier, les voilà déjà repartis faire leur sport, comme s’ils venaient de faire la chose la plus naturelle au monde !!! Ce n’était pas vraiment l’impression que nous avions en voyant les automobilistes réagir !

Appel du dépanneur qui sera là une heure plus tard et réparera la panne sur place. Pendant notre attente, plusieurs passants s’arrêteront pour nous proposer leur aide, mieux encore, une dame habitant une grosse maison sur la droite, au feu, à l’entrée de La Celle Saint Cloud, est venue spécialement nous voir pour nous dire :

-          «  Si vous avez besoin de quoi que ce soit, téléphoner, boire, vous assoir ou quoi que ce soit d’autre, vous sonnez à mon portail, regardez, la sonnette est là, et je viens vous ouvrir. »

Bref, si notre histoire avait commencé avec des klaxonneurs juste préoccupés par le retard que nous leur occasionnions, elle s’est poursuivie avec des gens attentionnés aux vieilles dames dans l’embarras que nous étions. Bravo bravo bravo à eux, avec une mention spéciale pour les deux ados !

Raymonde Debiesse