France – Europe

03
avr
2014
Le meilleur déchet: celui qu'on ne produit pas !
Le meilleur déchet: celui qu\'on ne produit pas !

(photo de Sébastien Chatelier)

 

L’an dernier, dans le cadre de la semaine du développement durable, nous faisions un article (cf ci après) fondé sur l’idée que la meilleure façon de réduire les déchets est de ne pas en faire. Deux événements giffois vont, cette année, très certainement nous en convaincre encore plus :

  • un ciné-débat, ce soir, 3 avril, à 20h30, au Central Cinéma (Gif): Martin Esposito présentera son film Super Trash : un documentaire sur la décharge à ciel ouvert de la Glacière, à Villeneuve-Loubet où il est resté de longs mois, sommairement installé dans la cabane en bois de son enfance. Grâce à lui, nous découvrirons l'envers de cet immense dépôt d'ordures. http://www.viimages.fr/Pages/DetailFilm.aspx?df=132085221&ds=03/04/2014

  • Dans la foulée, toujours au Central Cinéma de Gif, seront affichées les photos de Sébastien Chatelier, jeuneGiffois de 23 ans, faites dans la gigantesque décharge de New Dehli (3 à 400 mètres de long, 40m de hauteur) où une centaine de « rag pickers » (30% étant des enfants) travaillent, récupérant plastique et métal qu’ils vendront au kilo. 

http://www.sebastien-chatelier.com/portfoliocpt/trash-mountain-ghazipur-dumping-ground-new-delhi/

 

Qu’ajouter à ce que nous disions l’an dernier pour dire clairement

"Guerre aux emballages, vive le vrac" ?

 

Qu’une initiative intéressante est en train de se concrétiser (à Bordeaux… mais si cela marche, peut-être cette excellente idée essaimera-t-elle ?) : « la recharge, la première épicerie sans emballages jetables ». Le principe est simple : pour faire ses courses, on vient avec ses propres contenants (Tupperware, cageots, cagettes, bocaux, bouteilles, sacs en papier, en plastique…), on les remplit et on repart avec la quantité exacte de produit souhaité. Et si on oublie, des contenants peuvent être prêtés, avec consigne. Fruits et légumes, œufs, biscuits, pâtes, miel, confitures, huile, vinaigre, lessive, savon… tout y passe… et cerise sur le gâteau, avec des produits locaux ! http://www.la-recharge.fr/#mode

 

Autre initiative, essonnienne cette fois : les bocaux-repas, de Philippe Dubois : peut-être avez-vous déjà vu son « camion cantine » se poster à Orsay ou à Evry, en bas de votre lieu de travail et vous proposer « du bon, du beau, du local » dans des bocaux en verre réutilisables et consignés, livrés grâce à des cabas en bâche recyclée et consignée, avec des couverts en amidon biodégradable, des sets de table et serviettes en papier recyclé. Lundi, le camion était à Evry, au rond-point de Génopole, aujourd’hui, il est à Orsay, en face de la fac. http://bocaux-repas.fr/

 

Dernière chose avant de clore cet article (pour cette année !), nous voudrions compléter la liste déjà longues des filières courtes que vous pouvez trouver sur le site de la Mairie (depuis notre demande en ce sens de mai 2012 !) (cf ici)) avec l’association Gasmap-Remise à flot : son principe : des commandes groupées de produits non disponibles en région parisienne directement auprès du producteur, que ce soient la savonnerie, le riziculteur, le vigneron... et qui arrivent aux consommateurs via une péniche venant une fois l’an sur Paris, transport éthique et beaucoup moins polluant que la route, en faisant autant d'arrêts que de producteurs http://www.lesjardinsdeceres.net/spip.php?rubrique13

 

Ah… encore une petite chose : demain, ne manquez pas le marché des producteurs locaux organisé de 16h à 20h place du marché par la Mairie en partenariat avec le Parc Naturel Régional de la Haute Vallée de Chevreuse où à n’en pas douter, vous pourrez retrouver de nombreux producteurs cités plus haut.

http://www.ville-gif.fr/actualites/fiche/semaine-du-developpement-durable-a-gif/?cHash=d12111fd6ac877128cd25e16caf053bc

 

Martine Debiesse


Article du 2 avril 2013

En France, plus de cinq millions de tonnes d’emballages ménagers sont vendus chaque année et finissent, quelques heures après avoir été achetés, dans nos poubelles ! Ils représentent la moitié de nos déchets et 15 à 20% des sommes versées par le consommateur à la caisse.

Des chiffres qui font peur et qui surtout, incitent à se dire : « il faut faire quelque chose » ! Parce que si le tri des déchets et le recyclage sont à encourager, la meilleure façon d’agir est bien d’essayer d’abord de faire le minimum de déchets et donc quand on parle d’emballages, de les supprimer au maximum. Comment ?

  • En commençant par limiter au strict nécessaire l’achat de produits « emballés individuellement » et en favorisant les « produits à part ager ».
  • En privilégiant l’achat en vrac à chaque fois que cela est possible. Fruits et légumes bien sûr, mais aussi, dans les grandes surfaces, fromages et viandes à la coupe. Et dans certaines enseignes, pâtes, riz, bonbons. Vous trouverez de la vente en vrac dans les magasins bio de Gif, mais également à Auchan et à Carrefour. Il arrive parfois aussi de trouver de l’huile d’olive, des alcools, de la lessive, vendus via des robinets qui permettent de se servir selon ses besoins (si vous connaissez des endroits proches où cela se fait, n’hésitez pas à nous le signaler). Ont même été testés des distributeurs automatiques de peinture : on donne la surface que l’on veut peindre et la machine verse la quantité nécessaire dans un bac, réutilisable dix fois (cela évite les pots de peinture dont on ne sait quoi faire ensuite). Pour l’instant, la vente en vrac reste limitée en grande surface, mais c’est à nous, consommateurs, en la privilégiant quand elle existe, à la réclamer plus fréquente. Et à suggérer d’autres possibilités de vrac : les clous par exemple, pourraient fort bien se vendre au poids.(Un de nos lecteurs nous signale que Bricomarché le fait). (1)

Quelques exemples de proximité : à la ferme de Coubertin (2), vous apportez votre bouteille, et vous la verrez se remplir du lait des vaches de cette exploitation. Et si vous y achetez également vos œufs, vous rapportez votre boîte de la fois précédente, cela fera toujours un emballage de moins à la poubelle. C’est également le cas quand vous êtes membre d’une AMAP. A celle des Jardins de Cérès, à Villiers le Bâcle (3) où vous rapportez votre caisse à champignons ou votre récipient pour la farine. Quant aux paniers légumes des Jardins de cocagne (4) vous les prenez directement dans votre cabas et le tour est joué.

  • Cela rejoint d’ailleurs le système des bouteilles consignées qui existait partout en France avant les années 80 et continue de perdurer en Belgique et en Allemagne par exemple. Mais également en Alsace, où des bouteilles de bière et d’eau minérale locales doivent être rapportées en magasin pour que le consommateur récupère ses 10 ou 15 centimes de consigne. Et dans le Var, pour le vin. Pourquoi ne pas revenir à cette pratique que le bon sens suggère pour éviter de jeter de façon incessante ? (5). Au consommateur de pousser pour que cette pratique retrouve du poil de la bête.

 

(1)   La vente en vrac, pratiques et perspectives :

Version courte :

http://www.mescoursespourlaplanete.com/medias/pdf/CP_Etude_VRAC_VF.pdf

Version longue :

http://www.mescoursespourlaplanete.com/medias/pdf/envrac12-12.pdf

(2)   Ferme de Coubertin :

http://www.vallee-de-chevreuse.com/la_ferme_de_coubertin.htm

(3)   AMAP jardins de Cérès :

http://www.lesjardinsdeceres.net/spip.php?rubrique4

(4)   Jardins de Cocagne Magny les Hameaux : http://paris-cocagne.org/

(5)     http://www.rue89.com/passage-a-lacte/2011/08/22/et-si-on-rapportait-nos-bouteilles-a-la-consigne-218694